Homélies

2018/03/11

4e dimanche du carême

 

4e dimanche de Carême              

Année B

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3, 14-21

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.

Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

Et le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises.

En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu.

 

______          

 

Le premier dimanche du carême nous invitait à actualiser notre engagement baptismal ; 

le deuxième, à prendre de plus en plus conscience de la proximité de Dieu ;

le troisième, à voir de plus en plus l’amour du Christ dans le don de sa vie.

La liturgie d’aujourd’hui nous propose de nous ouvrir aux autres.

                                                        

______

 

Un apprentissage de la fidélité

 

Les êtres humains découvrirent lentement que Dieu est leur Dieu. Ils le virent au début comme un Dieu à leur image, colérique et punitif. Avec les siècles, ils comprirent que Dieu est un Dieu bon et fidèle, et ce, malgré leurs conneries. C’est l’histoire de notre première lecture.

 

Les gens furent infidèles en pratiquant, comme les païens, des sacrifices humains, en rejetant les prophètes et en faisant fi du sabbat. À cause de toutes ces infidélités, les gens interprètent, comme une punition de Dieu, la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor en -587. Les Juifs furent déportés et durent vivre en esclaves jusque vers -538 où le roi Cyrus de Perse (l’Iran actuel) devint maître de l’empire.

 

Durant près de 50 ans, ils apprirent, à travers leurs souffrances, que Dieu leur était fidèle. C’est pourquoi ils chantaient le même psaume que nous avons lu : Seigneur, souviens-toi de ton amour et viens nous sauver (1).

 

Au fil du temps, ils purifiaient leur foi en Dieu. Ils espéraient reconstruire le temple et ils le voulaient libre de tout pouvoir politique et de toute royauté.

 

Dans leur prière, ils s’ouvraient à l’alliance de Dieu qui les invitait à s’orienter vers le sacré. Tous ceux d’entre vous qui font partie de son peuple, que le Seigneur leur Dieu soit avec eux et qu’ils montent à Jérusalem (2).

 

Au-delà du matériel

 

Les Juifs traversaient le désert et parfois ils étaient blessés par les morsures de serpent. Comme les autres peuples, ils invoquaient le dieu guérisseur qui était représenté par un serpent d’airain tourné sur une perche. Moïse partit de cette réalité pour essayer de purifier cette foi primitive. Il fit un serpent d’airain et il invita ceux et celles qui se faisaient mordre à regarder le serpent. Ainsi, ils seraient guéris de leurs blessures. Toutefois, Moïse voulait que les personnes découvrent la réalité spirituelle. Il désirait qu’au-delà du serpent les gens voient le Dieu de l’alliance. 

 

Élevé de terre

 

L’apôtre Jean rappelle à la mémoire de ses auditeurs et de ses auditrices cette expérience du serpent d’airain. Il reprend cette histoire pour faire comprendre que 1500 ans auparavant lorsqu’on regardait le serpent, on pouvait : regarder le serpent en lui-même et croire que le serpent guérissait ou regarder le serpent et croire, qu’au-delà du symbole physique, Dieu pouvait guérir. Dans le premier cas, on était païen alors que dans le second on était croyant en Dieu. Ainsi, Dieu purifiait la source de la maladie qui était pour eux le péché. C’était une évolution dans la connaissance de Dieu.

 

Maintenant, l’apôtre Jean dit que si une personne regarde le Christ élevé en croix, elle peut le regarder comme étant simplement un homme, elle est alors païenne ou elle peut le regarder comme celui qui conduit à Dieu, alors elle est croyante en Dieu et en son Fils, le Christ Jésus.

 

Jean veut confirmer la foi de la communauté chrétienne et il ajoute que ceux et celles qui croient au Christ, élevé et ressuscité, obtiennent la vie éternelle.

 

Élevé à la Lumière

 

L’apôtre Jean continue en reprenant l’idée que Dieu est un Dieu d’amour, car il a donné son fils et qu’en plus, il n’est pas un Dieu punitif à l’égard de la personne qui le refuse.

 

Celui qui ne veut pas croire est déjà jugé.

Et le jugement le voici.

 

L’être humain qui ne veut pas de Dieu vit dans l’absence de la Lumière. Il a déjà fait son choix, il a exercé son jugement et Dieu le respecte dans cette démarche, car il est un Dieu d’amour.

 

L’être humain qui désire Dieu s’élève à la Lumière. Il a exercé son jugement et ses actions devront être des actions de lumière reconnues comme des œuvres de Dieu.

 

Et nous

 

En ce temps de Carême, vous et moi, demandons à l’Esprit de nous accompagner et de nous soutenir dans nos actions auprès de nos sœurs et de nos frères. Car j’avais faim et vous m’avez donné à manger; j’avais soif et vous m’avez donné à boire… J’étais étranger, nu ou malade… et vous êtes venus jusqu’à moi (3).

 

Amen.

Notes :

1-    psaume 136

2-    1re lecture – 2e livre des chroniques 36, 19-23

3-    Matthieu 25, 31-46


 

Bon dimanche

André Sansfaçon, prêtre

www.homelie.qc.ca

 

      Commentaire


Dieu ne punit pas la personne qui le refuse.
Dieu est bon, Il est patient et respectueux
de la démarche de chaque être humain.
Le temps de Dieu nous permet de cheminer en toute confiance.
Quand ce sera pour nous le temps d'aller à Dieu,
Il sera déjà là sur le chemin, lumière pour nos yeux.



 
Retour aux archives
 

Tous droits réservés 2014